Absence de désir après l’accouchement : Comprendre et retrouver l’intimité
Vous venez de donner la vie, une aventure immense et bouleversante. Pourtant, au milieu des joies et de l’épuisement, une question vous pèse peut-être : où est passé mon désir ? La culpabilité s’installe, la peur que les choses ne redeviennent jamais comme avant, et l’intimité avec votre partenaire vous semble un lointain souvenir. Avant toute chose, respirez. Ce que vous vivez est profondément normal. L’absence de désir chez la femme après accouchement est une étape que traversent de très nombreuses mères, un silence du corps qui a besoin de temps pour se réinventer.
Cet article a été pensé comme un espace bienveillant pour vous accompagner sur ce chemin. Ensemble, nous allons explorer en douceur les raisons physiques et émotionnelles de cette pause dans votre libido. Loin des injonctions et de la pression, vous trouverez ici des clés pour vous reconnecter à votre corps, comprendre vos nouvelles sensations et dialoguer avec votre partenaire. Notre objectif : vous aider à retrouver le chemin d’une intimité apaisée, à votre propre rythme, pour que le désir redevienne une source de joie et de connexion, et non une source d’angoisse.
L’essentiel à retenir
- Validez vos ressentis : découvrez pourquoi il est tout à fait normal de ne plus ressentir de désir après la naissance et comment déculpabiliser.
- Identifiez les causes profondes de l’absence de désir chez la femme après accouchement, des bouleversements hormonaux aux changements psychologiques liés à la maternité.
- Apprenez à (ré)ouvrir le dialogue avec votre partenaire sans pression ni reproche, pour reconstruire une complicité intime à votre propre rythme.
- Comprenez quand un accompagnement professionnel peut devenir un soutien précieux pour vous aider à retrouver une sexualité apaisée.
“Je ne ressens plus rien” : Valider et déculpabiliser l’absence de désir post-partum
“Je ne ressens plus rien.” Si cette phrase résonne en vous depuis la naissance de votre enfant, respirez. Ce que vous vivez est une expérience profondément humaine, normale et partagée par d’innombrables femmes. L’absence de désir chez la femme après accouchement n’est pas le signe d’un amour qui s’effrite pour votre partenaire, ni une fatalité.
Voyez-le plutôt comme une parenthèse, un temps nécessaire et légitime pour que votre corps et votre esprit puissent guérir, s’adapter et se réinventer. Cette période est transitoire. Votre désir n’a pas disparu pour toujours ; il est simplement en pause, et il se peut qu’il se transforme pour renaître sous une nouvelle forme, plus en accord avec la femme que vous devenez.
Une réalité pour de nombreuses femmes
Loin d’être une exception, la baisse de libido en post-partum est la norme. Des études indiquent que la grande majorité des femmes rapportent une diminution significative de leur désir dans les mois qui suivent l’accouchement. C’est un phénomène physiologique et psychologique complexe, comme le confirment de nombreuses ressources sur les changements du désir sexuel après la naissance. Entre la chute brutale d’œstrogènes, la fatigue et le chamboulement hormonal, votre corps est en pleine reconfiguration.
« J’aimais mon partenaire plus que tout, mais l’idée même d’un contact physique me semblait insurmontable. Je me sentais cassée, anormale. » – Charlotte, 29 ans.
Ce bouleversement s’inscrit dans un processus plus large appelé la “matrescence” : le devenir mère. Il est essentiel de ne pas le confondre systématiquement avec une dépression post-partum. La matrescence est une transition identitaire puissante, pas une pathologie.
Le droit à la pause du désir
Votre corps vient d’accomplir un marathon. Votre esprit, lui, est entièrement mobilisé par ce nouvel être qui dépend de vous pour sa survie. Toute votre énergie est réquisitionnée, et c’est naturel. Le désir sexuel, qui demande de la disponibilité mentale et physique, passe logiquement au second plan.
La pression sociale, ou celle que l’on s’inflige, à “redevenir comme avant” est non seulement irréaliste, mais aussi profondément contre-productive. S’accorder le droit à cette pause est un acte de bienveillance essentiel envers soi-même. C’est reconnaître l’intensité de ce que vous traversez et vous offrir la douceur que vous méritez. Cette période d’absence de désir chez la femme après accouchement est une invitation à l’auto-compassion, un temps pour vous retrouver avant de pouvoir retrouver l’autre, peut-être différemment.
Les causes physiologiques : Quand le corps dit stop
Après la naissance d’un enfant, il est fréquent de sentir que votre corps a mis la sexualité en pause. Loin d’être un caprice ou un manque d’amour, cette distance avec le désir est souvent une réponse directe aux profonds changements physiques que vous traversez. Comprendre ces mécanismes est le premier pas, bienveillant, pour vous réapproprier votre corps et votre libido, à votre propre rythme.
La chute hormonale : œstrogènes et prolactine
L’accouchement déclenche un véritable bouleversement hormonal. Le taux d’œstrogènes, qui était au plus haut durant la grossesse, chute brutalement. Cette baisse peut entraîner une sécheresse vaginale, rendant les rapports potentiellement inconfortables. Parallèlement, si vous allaitez, votre corps produit de la prolactine, l’hormone de la lactation, qui a pour effet secondaire de freiner la libido. Des recherches, comme cette étude sur la dysfonction sexuelle post-partum, confirment que ces facteurs hormonaux sont une cause prédominante de l’absence de désir chez la femme après accouchement. Rassurez-vous, cet état est transitoire et votre équilibre hormonal se rétablira progressivement.
La récupération physique après l’accouchement
Votre corps a accompli un exploit et il a besoin de temps pour guérir. Les douleurs résiduelles, qu’elles proviennent d’une cicatrice de césarienne, d’une épisiotomie ou d’une déchirure, sont bien réelles. La simple appréhension de la douleur peut suffire à éteindre toute envie. Il est essentiel d’écouter votre corps et de ne rien forcer. La rééducation du périnée, souvent recommandée, n’est pas seulement une étape médicale ; c’est aussi un moyen puissant de vous reconnecter à vos sensations, de reprendre confiance en votre corps et de retrouver le chemin du plaisir.
L’épuisement, le premier ennemi de la libido
Les nuits hachées, le rythme effréné des journées, la charge mentale… Le post-partum est une période d’épuisement intense. Lorsque votre corps fonctionne en mode « survie », il priorise les fonctions vitales : dormir, manger, s’occuper de bébé. La sexualité devient alors secondaire. Le manque de sommeil chronique affecte directement les hormones du désir et augmente celles du stress, comme le cortisol. Il est donc tout à fait normal et légitime que votre principale aspiration soit un sommeil réparateur, bien avant une étreinte passionnée. Accueillez cette fatigue sans culpabilité.

Les raisons psychologiques : Une nouvelle identité, un nouveau corps
Au-delà des bouleversements hormonaux et physiques, l’absence de désir chez la femme après accouchement plonge ses racines dans un terreau psychologique profond. Votre tête et votre cœur sont tout aussi sollicités que votre corps. Accueillir ces changements avec bienveillance est le premier pas pour comprendre et retrouver une sexualité apaisée.
Devenir mère : un tsunami identitaire
Ce passage, que l’on nomme la « matrescence », est un véritable tsunami identitaire. Votre cerveau est biologiquement programmé pour se focaliser sur le lien d’attachement avec votre bébé. Il peut alors devenir difficile de concilier l’image de la mère dévouée et celle de la femme désirante. Votre partenaire devient aussi « le père », ce qui redéfinit les dynamiques intimes du couple. Ce bouleversement est l’une des multiples causes de l’absence de désir post-partum reconnues, un cheminement tout à fait normal.
Se réapproprier un corps transformé
Votre corps a accompli un miracle, mais il porte les marques de cette transformation : vergetures, nouvelle silhouette, poitrine différente… Se réapproprier cette nouvelle image demande du temps et de la douceur. De plus, être sollicitée physiquement toute la journée par votre bébé (portage, câlins, allaitement) peut créer une forme de saturation. Le soir venu, l’idée d’un autre contact physique peut sembler épuisante plutôt que désirable. Votre corps, devenu un lieu de nourriture et de réconfort pour un autre, a besoin de redevenir un espace de plaisir pour vous-même.
La charge mentale et l’anxiété
La liste des tâches semble infinie et votre esprit est constamment occupé à anticiper, organiser et vous inquiéter pour le bien-être de votre enfant. Cette charge mentale écrasante ne laisse que peu, voire pas, d’espace mental pour le désir. L’anxiété, même légère, maintient le corps dans un état d’alerte peu compatible avec le lâcher-prise nécessaire à la sexualité. Ce sentiment de ne plus vous appartenir, de n’avoir aucun moment à vous, est une cause fréquente et légitime de l’absence de désir chez la femme après accouchement.
Retrouver l’intimité à deux : Communication et nouvelles complicités
L’arrivée d’un bébé bouleverse l’équilibre du couple, et l’intimité est souvent la première à en ressentir les effets. Il est essentiel de comprendre que la solution ne repose pas sur une seule personne, mais se construit à deux, avec patience et bienveillance. L’absence de désir chez la femme après accouchement n’est pas une fatalité, mais une étape qui invite à réinventer votre connexion.
Comment en parler sans blesser ?
Ouvrir le dialogue est la première étape, mais elle peut être intimidante. L’objectif est de créer un espace de parole sécurisant, où chacun se sent écouté et respecté. Pour cela :
- Utilisez le « je » : Exprimez vos propres ressentis sans accuser l’autre. Dire « Je me sens épuisée et mon corps a changé » est plus constructif que « Tu ne comprends pas ce que je vis ».
- Choisissez un moment calme : Évitez les discussions tard le soir ou lorsque la fatigue prend le dessus. Un court instant pendant la sieste de bébé peut être plus propice.
- Rassurez votre partenaire : Il est crucial de dissocier le manque de désir de vos sentiments. Précisez que votre amour est intact, mais que votre libido a besoin de temps pour se réveiller.
Le rôle essentiel du partenaire
Le partenaire peut se sentir rejeté, confus ou impuissant. Il est important que ses émotions soient aussi accueillies. Encouragez-le à exprimer ses doutes et ses peurs. Son soutien est un pilier de cette reconstruction. Il peut se manifester par des gestes concrets (prendre le relais avec bébé, gérer les tâches ménagères) qui allègent votre charge mentale, mais aussi par une écoute attentive et du réconfort. La patience et la compréhension sont ici les plus belles preuves d’amour.
Réinventer l’intimité : la tendresse avant tout
Face à une baisse de libido, la pression de la « performance » est contre-productive. L’intimité ne se résume pas à la pénétration. Il est temps d’explorer d’autres formes de complicité pour vous reconnecter en douceur :
- Privilégiez les contacts non sexuels : Des massages, de longs câlins sur le canapé, un bain partagé, ou simplement vous tenir la main.
- Planifiez des « micro-rendez-vous » : Bloquez 15 minutes rien que pour vous deux, sans parler du bébé, pour simplement discuter et vous retrouver.
- Explorez la sensualité sans objectif : Caressez-vous, embrassez-vous sans que cela doive nécessairement mener à un rapport sexuel. Le but est de redécouvrir le plaisir du contact et de lever la pression.
Si la communication reste difficile et que le dialogue semble bloqué, ne restez pas seuls. Parfois, un regard extérieur est nécessaire pour renouer les fils ; la thérapie de couple offre un espace pour se retrouver et être accompagné avec bienveillance.
Quand et pourquoi consulter un sexothérapeute ?
Parfois, malgré toute la bonne volonté, le dialogue et les solutions essayées seule ou à deux ne suffisent pas. Il est essentiel de se rappeler que consulter un sexothérapeute n’est pas un aveu d’échec, mais au contraire un acte de soin profond pour vous-même et pour votre couple. C’est s’offrir un espace neutre et sécurisant pour déposer ce qui pèse et trouver, ensemble, un chemin vers une intimité plus apaisée et choisie.
Les signes qu’il est temps de se faire accompagner
L’accompagnement par un professionnel peut devenir une aide précieuse lorsque la situation génère une grande souffrance personnelle ou relationnelle. Si le blocage persiste depuis de nombreux mois sans la moindre amélioration, ou si la communication est rompue et que le sujet est devenu un tabou douloureux au sein de votre couple, il est peut-être temps de demander de l’aide. Ne restez pas seule avec ce poids.
Que peut apporter la sexothérapie ?
Face à une absence de désir chez la femme après accouchement, la thérapie offre un accompagnement sur mesure. Loin des solutions toutes faites, il s’agit d’un parcours intime pour :
- Offrir un espace de parole bienveillant pour déposer vos peurs, votre culpabilité et vos doutes, sans aucun jugement. C’est un temps pour vous, pour être écoutée et comprise.
- Aider à comprendre les blocages profonds, qu’ils soient personnels (rapport au corps qui a changé, fatigue, histoire intime) ou liés à la dynamique de votre couple.
- Donner des outils concrets pour recréer du lien, de la complicité et une nouvelle forme d’intimité, en explorant d’autres chemins que la seule pénétration.
- Accompagner votre couple dans l’exploration et la création de votre nouvelle sexualité post-partum, une sexualité qui vous ressemble vraiment aujourd’hui.
Le but n’est pas de « revenir à avant », mais de construire un « après » épanouissant et harmonieux. Si vous ressentez le besoin d’être écoutée et guidée sur ce chemin, n’hésitez pas à prendre contact pour en discuter en toute confidentialité.
Retrouver le chemin de votre désir, à votre rythme
Vous l’aurez compris, ce que vous vivez est une expérience partagée par de nombreuses femmes. L’absence de libido après la naissance n’est ni une fatalité, ni une faute. C’est la confluence naturelle des bouleversements hormonaux, de la fatigue et de la construction d’une nouvelle identité de mère. Accueillir ces changements avec douceur et rouvrir le dialogue sont les premières étapes fondamentales.
Cependant, lorsque le chemin semble trop difficile à parcourir seule ou à deux, un soutien extérieur peut tout changer. L’absence de désir chez la femme après accouchement ne doit pas devenir une source de souffrance durable. Se faire accompagner est un acte de bienveillance envers vous-même et votre couple.
Je vous propose un espace de parole confidentiel et sécurisant pour explorer vos ressentis, sans aucun jugement. Spécialiste en thérapie individuelle et de couple, je vous accompagne avec une approche empathique pour vous aider à vous reconnecter à vous-même et à votre partenaire. Prenez rendez-vous pour un accompagnement bienveillant à Lyon ou en visio et faites le premier pas pour retrouver une intimité plus apaisée et épanouie. Vous n’êtes pas seule.
Vos questions sur le désir post-partum
Combien de temps dure la baisse de désir après un accouchement ?
Il n’y a pas de durée standard, et c’est important de le savoir pour ne pas s’ajouter de pression. Cette période peut durer de quelques semaines à plusieurs mois, voire plus. L’absence de désir chez la femme après accouchement dépend de nombreux facteurs : la fatigue intense, les bouleversements hormonaux, la cicatrisation, et le temps nécessaire pour vous approprier votre nouveau corps et votre rôle de mère. Soyez bienveillante avec vous-même et respectez votre propre rythme.
Est-ce que je dois me forcer pour faire plaisir à mon partenaire ?
Se forcer n’est jamais une solution. Cela risque de créer une association négative avec l’intimité et d’accentuer la distance. Votre corps et vos émotions méritent d’être écoutés. Il est plus constructif d’explorer avec votre partenaire d’autres formes de tendresse et de complicité qui ne mènent pas forcément à un rapport sexuel : des massages, des caresses, des moments de parole. La priorité est de préserver une connexion affective bienveillante et sincère.
Mon partenaire se sent rejeté, que puis-je faire ?
Il est essentiel d’ouvrir un espace de parole calme et honnête avec votre partenaire. Expliquez-lui avec vos mots ce que vous traversez : la fatigue, les changements corporels, le tourbillon émotionnel. Rassurez-le sur vos sentiments pour lui, en précisant que cette baisse de désir n’est pas un rejet de sa personne. Proposez-lui de trouver ensemble de nouvelles manières de vous sentir proches et connectés, en attendant que le désir ait l’espace pour renaître.
La rééducation du périnée peut-elle vraiment aider à retrouver le désir ?
Oui, absolument. La rééducation du périnée est un moment clé pour se reconnecter à son corps et à ses sensations intimes. Elle permet non seulement de retrouver un confort physique et de prévenir les douleurs, mais aussi de reprendre confiance en cette zone de votre corps. En vous réappropriant votre périnée et en améliorant vos sensations, vous posez les bases pour retrouver le chemin du plaisir, une étape essentielle pour que le désir puisse s’épanouir à nouveau.
Et si le désir ne revient jamais comme avant ?
Cette peur est très fréquente et tout à fait légitime. Il est possible que votre désir ne soit plus exactement le même, et c’est normal. La sexualité est vivante, elle évolue avec les grandes étapes de la vie. Plutôt que de chercher à retrouver ce qui existait « avant », l’invitation est d’explorer et de construire une nouvelle intimité, peut-être différente et plus profonde, qui correspond à la femme et au couple que vous êtes devenus. C’est une page qui se tourne, pas un livre qui se ferme.
Comment se passe une première consultation chez un sexothérapeute pour ce sujet ?
Une première consultation est avant tout un temps d’écoute, dans un cadre sécurisant et sans aucun jugement. C’est un espace où vous pouvez déposer vos doutes et votre histoire en toute confiance. Je vous poserai des questions avec bienveillance pour comprendre votre situation unique. L’objectif n’est pas de trouver une solution immédiate, mais de faire connaissance, de valider ce que vous ressentez et de voir ensemble si un accompagnement pourrait vous aider à cheminer sereinement.
